Hannibal

Hannibal (saison 1) - Bryan Fuller/ David Slade

Hannibal

 

Synopsis :

 

Après l'éprouvante traque d'un tueur en série, Will Graham menace de mettre un terme à sa collaboration avec le FBI. Ayant besoin des compétences de ce dernier pour résoudre les enquêtes les plus complexes, le directeur du Département des Sciences du Comportement du FBI, Jack Crawaford, charge alors le DR. Hannibal Lecter de veiller à la santé mentale de son protégé.

 

Mon avis :

 

Cette critique va être assez longue car je ne peux définitivement pas dire tout ce que je peux sur cette série en quelques lignes. Je ne trouve absolument rien à redire sur cette première saison magnifique, originale, et je n'attends plus qu'une chose : la prochaine saison !

Je vais essayer de décrire la série épisode par épisode, sans trop en dire pour garder le plaisir de voir la série, car vraiment elle en vaut le coup

 

.C'est le premier épisode qui m'a tout de suite donné envie de voir la suite, et c'est clairement le plus important. Pour regarder une série entière, il faut s'attacher à l'histoire, il est nécessaire qu'elle soit attirante, assez intéressante pour que ses spectateurs la regarde pendant près de 12 heures. C'est le cas pour celle-ci.

Trois choses ont particulièrement attiré mon regard et ont fait que je souhaite regarder la suite :

- Tout d'abord, le personnage principal, Will Graham, une personne extrêmement intelligente et méthodique mais souffrant d'un syndrôme proche de l'autisme le coupant de toute interraction sociale. Sa timidité, son asociabilité et son empathie extrême le coupent du monde et en font un personnage atypique, que l'on a envie de suivre.

- Ensuite, le personnage d'Hannibal Lecter. Tout d'abord, je trouve le choix de l'acteur très judicieux. Son visage carré, strict, son regard perçant mettent mal à l'aise mais nous attirent malgré tout vers lui. Le personnage est très raffiné, proche de l'esthète, et est de plus très intelligent et observateur.

- Mais ce qui m'a le plus attiré dans cette série, c'est vraiment l'esthétisme qui s'en dégage : tout est beau, des décors aux meurtres (dont certains sont franchement originaux, et cela fait beaucoup de bien de voir enfin des meurtres se renouveler) en passant par les petites recettes de cuisines instillées çà et là tout au long des épisodes, nous mettant quelque peu mal à l'aise devant le détachement qu'éprouve Hannibal Lecter devant sa préparation. La façon de filmer est géniale à ces moments là, et j'ai vraiment envie de voir la suite de cette série aussi belle qu'atroce.

 

Dans les épisodes suivants,  la personnalité de Will Graham se voit encore plus expliquée, tout en restant extrêmement floue et incompréhensible. Ses douleurs et traumatismes nous sont décrits par le biais de la caméra dans des mises en scènes sublimes (notamment le cerf dans l'hôpital).

Au fil des épisodes, les scènes de crimes s'intensifient, mais restent toutes absolument magnifiques, d'un esthétisme à toute épreuve et d'une originalité sans faille. Je fais en particulier une mention spéciale aux meurtres des épisodes 5, 8 et 9 qui sont d'une beauté époustouflante.

 

Les épisodes suivants rendent la série de plus en plus passionnante et intéressante : à partir de l'épisode 5, les morts sont plus malsaines, tout en étant toujours aussi belles et riches au niveau de l'esthétisme de la mise en scène. En particulier l'épisode des "anges", où les meurtres sont magnifiques dans leur horreur. Les meurtres deviennent ainsi sadiques, malsains, mais en parallèle les personnages sont exploités en profondeur et leur humanité est mise en avant. Dans l'un de ces épisodes, j'ai remarqué que l'intérrogatoire d'un suspect dans un hôpital psychiatrique me faisait fortement penser à une scène, dans le Silence des Agneaux, où le personnage de Jodie Foster interroge Hannibal Lecter dans sa cellule psychiatrique : les décors sont très similaires.

 

Lors de l'épisode 6, nous découvrons un peu plus le personnage d'Hannibal Lecter, du moins tel que nous le connaissons à travers les films traitant de lui. La série prend enfin toute son ampleur et change petit à petit de protagoniste, passant d'une trame axée sur Will au rapport complexe entre les meurtres et Hannibal Lecter. Dans l'épisode 7, Hannibal Lecter nous montre encore plus son côté sombre, machiavélique et manipulateur, et paraît alors tellement plus froid, calculateur et mauvais que le voir servir des plats humains à ses collaborateurs, qui eux ne se doutent de rien, devient gênant et rend mal à l'aise. Hannibal nous rend d'autant plus mal à l'aise que nous le vonyons de plus en plus préparer ses plats, du prélèvement à la source au rangement des pièces, dela découpe, minutieuse et délicate, à la cuisson lente et précise. Nous assistons à l'horreur dans sa forme la plus pure mais traitée avec délicatesse, esthétisme et une lenteur aux limites du supportable, et c'est ce qui fait définitivement le charme de la série.

 

Lors de l'épisode 8, les enjeux se précisent et Hannibal s'implique un peu plus dans les enquêtes, ce qui le met aussi à découvert et surtout en danger. Au fil des futurs épisodes, Hannibal Lecter s'immisce dans les enquêtes et les brouille, retournant complètement le déroulement de la série qui s'achève sur un final détonnant, un Hannibal toujours plus machavélique et prêt à tout pour manipuler tout le monde, et ce avec brio.

 

Vraiment, du premier au dernier épisode, j'ai englouti cette série avec une gloutonnerie encore inédite. Dès la première minute je ne pouvais plus détacher mes yeux de ce spectacle fait d'horreur magnifique, et c'est justement ce que j'aime : les films que je préfère sont ceux comprenant des meurtres particulièrement atroces, mais dont la beauté nous époustoufle si bien que l'on en reste muet. Ici, c'est encore mieux que ce que je pouvais imaginer : les meurtres sont si raffinés, si glauques et si malsains que l'on est presque géné de rester si admiratif devant tant d'horreur.

Mais le pire dans tout cela, c'est que ma description est aussi valable pour les plats que prépare Hannibal Lecter. Tout est si beau et raffiné que, personnellement, je me suis dégouttée moi-même en me rendant compte que tout cela me donnait franchement faim ! Le talent d'Hannibal est de préparer des plats délicieux avec des viandes soit disant animales alors que l'on se doute très vite qu'elles viennent d'une toute autre source...

 

Une série si passionnante, si attachante, et si esthétique que je ne peux que vous inviter à la dévorer de bout en bout... Alors bon appétit !